Au début du xviii ème siècle, les gens du Nord avaient sans doute de nombreux soucis. Mais l'un des plus sérieux est sans doute la pénurie de bois dont Colbert, 30 ans plus tôt, pensait qu'elle aurait un jour raison du royaume de France. La prospérité des mines de Mons ou de Charlerois ne s'expliquait pas autrement. Le charbon de terre qu'on y exploitait depuis longtemps était un combustible de choix dont les premières manufactures lilloises appréciaient déjà toute la valeur. Mais la nécessité pour l'industrie du Nord de s'en remettre à lui chaque jour davantage donnait au monopole des houillères de Wallonie un caractère de plus en plus inquiétant.
En vérité la situation serait devenue rapidement intolérable si, durant l'hiver 1720, la fortune n'avait finalement décidé de partager avec le Hainaut français les faveurs qu'elle réservait jusque la aux Pays Bas autrichiens.
Pour changer de camp, elle se choisit un compagnon méritant, un bourgeois de Condé qui connaissait bien le bois de Fresnes, petite bourgade située sur les rives de l'Escaut.
C'est là, à cet endroit que rien ne signale aujourd'hui à l'attention des passants, que le 3 février 1720, Nicolas Desaubois et ses associés découvrirent en effet une veine de quatre pieds d'épaisseur dont l'apparition justifiait des années de stériles prospections dans l'espace compris entre la Scarpe et l'Escaut.
La terre on le savait déjà à cette époque, ne livre pas facilement ses trésors et beaucoup de désillusions attendaient encore les pionniers du charbon dont les noms appartiennent depuis à l'histoire : Jacques Desandrouin, Pierre Mathieu, le marquis de Cernay et bien d'autres.
Mais la voie était ouverte aux grandes compagnies d'Anzin et d'Aniche qui, bientôt, vont donner au bassin houiller du Nord le visage de la grande industrie.Sur l'image , la photo du viconte Jacques Desandrouin et une exploitation minière au 18ème siècle.